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Traitement des phobies

Il y a beaucoup d’informations anecdotiques suggérant que la thérapie EMDR est efficace dans le traitement des phobies. Malheureusement, les études qui ont suivi le traitement EMDR sur les phobies, les crises de panique, et l’agoraphobie ne sont pas concluantes. Bien que ces résultats soient dus en partie à des limitations méthodologiques dans les diverses études, il est également possible que la thérapie EMDR puisse ne pas être uniformément efficace avec ces pathologies. De Jongh, Ten Broeke, and Renssen (1999) suggèrent que la thérapie EMDR est un traitement efficace surtout pour des souvenirs traumatiques et des pathologies qui leur sont reliés. Il se peut que la thérapie EMDR soit plus efficace dans le traitement des troubles lié au stress qui suit une expérience traumatique (par exemple, phobie des chiens après une morsure de chien), et moins efficace pour ceux dont le point de départ est inconnu (par exemple, phobie des serpents depuis la naissance).

L’utilité clinique est une considération importante dans le choix du traitement. L’utilisation de l’exposition in vivo peut être impossible pour les praticiens qui n’ont pas accès facilement aux objets craints dans leur bureau (par exemple, les araignées) ; ou dans le cas des phobies limitées à des événements spécifiques (par exemple, les orages) ou à des endroits particuliers (par exemple, les ponts). La thérapie EMDR peut alors être un traitement plus pratique que l’exposition in vivo, et l’aspect in vivo peut souvent être ajouté comme travail complémentaire (De Jongh et al., 1999).

Trois études ont étudié le traitement de la thérapie EMDR avec et sans agoraphobie. Les deux premières études étaient préliminaires (Feske et Goldstein, 1997 ; Goldstein et Feske, 1994) et prévoyaient un traitement court (six séances) pour les crises de panique. Les résultats étaient prometteurs, mais limités par la courte durée du traitement. Feske et Goldstein écrivent : « même 10 à 16 séances des traitements les plus puissants ont rarement comme conséquence une normalisation des symptômes de panique, particulièrement quand ceux-ci sont compliqués par l’agoraphobie » (p. 1034). Les effets de la thérapie EMDR ont été généralement maintenus après plusieurs semaines de suivi sans traitement supplémentaire. Une troisième étude (Goldstein et autres, 2000) a été entreprise pour évaluer les avantages d’un plus long traitement. Cette étude portait sur une population cible différente et traitait des patients agoraphobiques. Les participants souffrant de crises de panique et d’agoraphobie n’ont pas bien répondu à la thérapie EMDR. Goldstein (cité dans Shapiro, 2001) suggère que ces participants avaient besoin d’une phase de préparation plus importante, que celle qui a été fournie dans l’étude, pour développer une tolérance au stress. Les auteurs suggèrent que la thérapie EMDR puisse ne pas être aussi efficace que la thérapie cognitive-comportementale dans le traitement des crises de panique avec ou sans agoraphobie ; cependant aucune étude directe comparant les deux traitements n’a été entreprise pour l’instant.